Parcours de vie et hommage à Anne-Catherine Gerber

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4 Jan. 1954 – 22 fév. 2015

Anne-Catherine, Anika, Annick, Cathy, Mams, maman, grand-maman,

Tu es partie. Un peu trop vite c’est certain. Tu nous as tous bluffé ces derniers jours avec ton énergie, ton sourire, ta sagesse, ton envie de vivre et encore un dernier grand projet à réaliser : écrire l’histoire de ta vie. A presque nous faire douter que tu finirais par partir. Tu aimais beaucoup lire les histoires, surtout les témoignages, mais également raconter et écrire les péripéties de la tienne, qui ont été, il faut le dire, très nombreuses et variées, heureuses, mais aussi douloureuses. Nous avons essayé comme possible de t’aider à garder les traces de ton passé, avec le peu de temps que nous avions encore à disposition. Samedi dernier, le jour avant ton grand départ, ta fille aînée Saralina a même encore eu la chance d’enregistrer la première partie de ta vie. C’est avec des étoiles dans les yeux que tu as raconté ton enfance. Et puis, par grand hasard, sans savoir que tu nous quitterais 2 mois plus tard, Rachelle, ta fille cadette, a durant ton dernier Noël, un Noël à la Nouvelle Orleans chez ton fils Jérémy, décidé d’inscrire toutes les dates importantes de tes nombreux déménagements à travers l’Océan Atlantique, de la Suisse aux Etats-Unis. Heureusement, tu as laissé sur terre de nombreuses traces écrites et albums photos, un peu disparates certes, mais aussi une grande famille, et je crois qu’à nous tous, nous arriverons certainement à recomposer ce puzzle un peu complexe de ton histoire. Aujourd’hui, nous allons devoir faire de nombreux raccourcis, mais c’est avec grand plaisir que nous partagerons par la suite avec ta famille, tes amis et connaissances d’autres histoires, des histoires que peut-être nous-mêmes nous ne connaissons pas.

Enfance

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Anne-Catherine est née le 4 janvier 1954 à la maternité de Tramelan, où elle vivra toute son enfance et son adolescence. Elle est la première fille de Martha et Werner Bischoff. Le prénom choisi par ses parents, Anika, n’a pas été acceptée au registre. On l’appellera donc officiellement Anne-Catherine Bischoff. Chez ses parents, on parlait le Bärn Dütsch. Cependant, elle qui aimait beaucoup être dehors, notamment se balancer au sommet des sapins, a très vite appris le français en jouant avec ses voisins. Au grand dame de ses parents, elle disparaissait parfois chez sa grand-mère, venue la chercher pour le goûter. Dès son plus jeune âge, elle prit goût pour la musique. C’est ainsi qu’elle apprit toute seule à jouer de la flûte puis eu la chance de prendre des cours de Piano à l’âge de 12 ans. Elle appréciait également aller à l’école du dimanche, où elle écoutait les histoires de Samuel Gerber, son grand oncle pasteur. Anne-Catherine pratiquait de nombreuses activités avec son papa, notamment le ski sans téléski, le patin à glace à l’étang de la gruère et la natation. Maman aimait apprendre les langues. Durant son enfance, elle a eu la chance en allant régulièrement en vacances en Italie, d’apprendre une troisième langue avec brio : l’italien. Anne-Catherine faisait partie de la communauté mennonite. C’est au catéchisme, à l’âge de 15 ans qu’elle a rencontré Kurt Gerber, avec qui elle échangera même un baiser. Leurs chemins se sépareront pendant de longues années. Après une scolarité à Tramelan, elle s’est rendue au gymnase de Bienne en section commerciale.

Rencontre de son 1er mari et nombreux voyages

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Lors d’un camp de ski mennonite, alors qu’elle a 17 ans, elle rencontre un américain aux longs cheveux blonds et aux yeux bleus qui fera chavirer son cœur, le futur père de ses 6 enfants et le début de nombreux voyages et déménagements. A 20 ans, âge de la majorité à l’époque, 6 mois avant la fin de son gymnase, elle décide de tout quitter pour rejoindre son amour des Etats-Unis en Indiana (près de Chicago). Quelques mois plus tard, le 15 juin 1974, elle se mariera avec Nathan Habegger. Son mari étudiait les mathématiques à l’université. De 1976 à 1983, retour en Suisse, elle vécut à Genève, où son mari réalisa son doctorat. C’est à Genève que naîtront ses 2 premiers enfants, Benjamin en 1977 et Jérémy en 1979. Anne-Catherine travaillait à ce moment-là dans le secteur bancaire. Entre 1983 et 1991, les déménagements réguliers ont eu lieu entre les Etats-Unis et la Suisse au gré des opportunités professionnelles de Nathan. Durant ces 8années, la famille n’en passera pas une entière au même endroit. Aux Etats-Unis, elle vivra ainsi à Branford, Connecticut (près de New York, en face de Long Island), à La Jolla, près de San Diego en Californie et à Athens in Georgia, avec des aller retours récurrent en Suisse. Pendant toutes ses années, la famille s’agrandit. Samuel et Saralina seront tous 2 nés à l’hôpital de Beaumont à Bienne, respectivement en 1984 et 1987. C’est en Georgie, lieu où Anne-Catherine pensait s’installer définitivement suite à l’achat d’une grande maison, qu’est née Rachelle, la 5ème enfant. Très peu de temps après la naissance de Rachelle, en 1990, une nouvelle opportunité s’offre à son mari à l’université de Nantes, à l’ouest de la France. Après avoir vécu avec toute la marmaille dans 2 appartements à Nantes, ils s’installeront enfin et définitivement en 1991 dans une petite ville proche, Saint-Philbert de Grand Lieu, où naîtra le petit dernier, le 6ème, Timothée.

Retour en Suisse et 2ème mariage

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La relation entre Anne-Catherine et Nathan a vécu beaucoup de hauts et de bas et mènera à une séparation en l’an 2000. C’est toute la famille qui se sépare. Les 3 grands garçons, Benjamin, Jérémy et Samuel resteront dans la région de Nantes en France, les 3 petits, Saralina, Rachelle et Timothée, suivront leur maman qui décida de retourner à ses racines, en Suisse, à Tramelan. Elle trouvera rapidement du travail à la Tornos comme employée de commerce, d’où elle sera malheureusement licenciée un an après, durant la crise. Elle travaillera ensuite au centre de réfugiés à Tramelan, travail qui lui correspondait parfaitement car au contact de personnes de tout horizon. Une année après son retour en Suisse, elle apprit que son amoureux du catéchisme, Kurt Gerber, venait aussi de vivre une rupture et sans trop se poser de questions, elle décida de le contacter. La relation s’est gentiment construite, l’amour a repris, et en 2002, Anne-Catherine et ses 3 derniers, (Attention ! entrant dans leur période d’adolescence), s’installèrent sur la montagne du Vion à Tavannes. Un tout autre style de vie commencera pour elle, en tant que femme d’agriculteur, une vie qu’elle a déjà connu dans son enfance, puisqu’elle rendait régulièrement visite à ses oncles paysans de la Paule, à Mont-Tramelan. Kurt et Anne-Catherine se sont mariés le 3 juillet 2004 à la ferme du Vion. Catherine, la fille de Kurt deviendra la fille par alliance d’Anne-Catherine et lui apportera sa première petite fille, Mathilda, dont elle s’occupera beaucoup en dehors de ses activités de femme paysanne. Durant les 10 années au Vion, elle verra ses 3 derniers enfants quittés le cocon familial et deviendra plusieurs fois grand-maman. Mathilda, Alex et Margot, Amélie, Julia, Naira et Naïma sont les premiers petits enfants d’une longue série certainement.

Hospitalisation

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En 2013, elle a été hospitalisée pour se faire retirer une tumeur bénigne. L’opération générera de nombreuses complications qui la conduiront aux soins intensifs de Berne pendant 1 mois. C’est le début d’un long processus de guérison. Elle sortira de l’hôpital 6 mois plus tard après avoir fait preuve d’une force et d’un courage immense. 2014 aura été une année de renaissance. Anne-Catherine a pu réaliser de merveilleux rêves, à nouveaux voyager (aux Pays basques en Espagne pour rencontrer Naira, la fille de Timothée et aux Etats-Unis pour Noël 2014, où elle rencontrera Naïma, la fille de Jérémy). Fin de l’été 2014, elle a également réuni tous ses amis et sa famille pour célébrer ses 60 ans, ses 10 ans de mariage et sa sortie d’hôpital. Malheureusement, la maladie l’a rattrapée et début 2015, elle est hospitalisée à nouveau apprenant après une 19e opération depuis son premier séjour en 2013 qu’elle est atteinte d’un cancer généralisé aux intestins grêles. Personne ne savait exactement combien de temps il lui restait à vivre, mais elle est restée rayonnante chaque jour restant et a profité de chaque moment en compagnie de ses proches et amies. Elle s’est éteinte le dimanche 22 février à l’âge de 61 ans, à la lecture par sa petite sœur Isaline de son psaume préféré le n°91, d’une prière de son mari, Kurt et s’est endormie à tout jamais sur la berceuse qu’elle chantait au couché de ses enfants, entonnée par ses 3 derniers.

Témoignage de ses enfants

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Maman, grand-maman, tu es partie vite mais ça ne t’as pas empêchée d’avoir une vie riche et remplie. Nous sommes tristes d’avoir dû te serrer une dernière fois dans nos bras, tes câlins étaient si réconfortants. Tu veilles désormais sur nous en esprit bienveillant et paisible et vivras à travers nous, dans nos pensées, dans nos cœurs et dans nos souvenirs. Nous penserons à toi également dans nos gestes quotidiens, parfois tête en l’air et rêveuse comme tu l’étais (une cosmonaute comme t’appelait un de tes enseignants du gymnase). Tu nous a beaucoup appris et donné tant d’amour maternel ! Imprégné de tes merveilleuses valeurs d’ouverture, de tolérance, de générosité, de pardon, d’amour, de paix et de bonté. Tu nous as transmis le plus beau des cadeaux en nous apprenant à nous adapter à la vie dans ses joies et ses peines, à l’accepter comme elle vient et à y trouver bonheur et joie de vivre, même dans les moments les plus difficiles. Tu as fait preuve de ta force incroyable jusqu’à ton dernier souffle. Les derniers moments que nous avons passés avec toi sont inoubliables. Nous pouvons être fières d’être tes enfants et petits enfants. Toi qui aimais les couleurs, nous t’en avons fait voir de multiples. Nous nous excusons pour les maux causés. Et finalement, tu avais raison quand tu disais « On en reparle dans 10 ans ». Dans le voyage de ta vie, qui a dépassé les frontières et les conventions, tu as laissé la même marque de générosité. Tu nous a montré que la joie et le bonheur se trouvent dans la simplicité. Tu nous a appris qu’être est bien plus important que paraître. Par l’humour, en toute simplicité et en grande intelligence, tu taquinais les esprits tentés de manquer d’humilité, notamment en te présentant comme PDG au foyer. Tu nous a appris à écouter notre cœur avant tout pour prendre les bonnes décision, et nous as laissé mener nos vies sans jugement, en nous faisant confiance. Tu nous a guidés dans nos vies non pas en nous dictant ce que nous avions à faire, mais par des actes bien plus efficaces. Par exemple, en demandant à Jeremy de ramener les tomates qu’ils avaient empruntés avec un copain dans le jardin d’un de nos voisins. Tu nous a appris, que la vie n’est ni noire, ni blanche, mais en couleur. Quand tu nous apprenais à dessiner ou peindre, tu nous as toujours dit qu’il fallait remplir la feuille de plein de couleurs. Tu nous a montré que c’est en faisant de même dans nos vies que nous trouverions le chemin de la plénitude. Tu peux être fière de ton œuvre car elle est des plus belles. Tu peux te reposer en paix maintenant et l’admirer d’où que tu sois avec le recul nécessaire pour apprécier toute œuvre comme il se doit. Maman, Merci pour tout ! Nous t’aimons de tout notre coeur, tu vas profondément nous manquer !

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